La jalousie : définition et remède

La jalousie : définition et remède

La jalousie : définition et remède
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Définition de la jalousie

La jalousie (Hasad) est une maladie du coeur et elle est comme l’ont définie certains :

« C’est un sentiment douloureux qui atteint le jaloux lorsqu’il se rend compte de la bonne situation des privilégiés »

Il n’est donc pas permis à une personne méritante d’être jalouse, car une personne méritante recherche que ce qu’il y a de mieux.

D’autres ont définit la jalousie en ces termes :

« C’est le souhait de voir disparaître un bienfait de la personne que l’on jalouse, même si l’on acquiert pas soi-même ce bienfait. »

Au contraire de l’envie (Ghibtah) qui est le souhait d’obtenir le même bienfait sans pour autant vouloir qu’il disparaisse chez celui que l’on envie.

En fait, la jalousie est une haine et une aversion envers l’état de bien-être que l’on constate chez celui que l’on jalouse.

Et la jalousie est de deux types.

Premier type de jalousie

Avoir de l’aversion pour tout bienfait qui pourrait atteindre cette personne, et c’est là la jalousie blâmée.

Si le jaloux déteste cela, il souffrira de le voir, et c’est là une maladie dans son coeur.

Il ne prendra plaisir qu’à voir disparaître (chez l’autre) ce bienfait, même si lui n’en profite pas, si ce n’est qu’il voit sa douleur disparaître. [..]

Mais cette douleur est semblable au malade à qui un traitement a été administré pour calmer sa douleur sans que la maladie ne disparaisse.

En effet, détester un bienfait qu’Allah a octroyé à Son serviteur est une maladie.

Et ce même bienfait peut être à nouveau octroyé à la personne jalousée, ou un bienfait plus grand encore, ou un bienfait du même type. 

Le jaloux n’a pas de but particulier, si ce n’est que son âme déteste les bienfaits octroyés au jalousé.

C’est pour cela certains l’ont défini par le souhait de voir disparaître un bienfait, car celui qui déteste voir des bienfaits chez les autres souhaite de tout son coeur qu’ils disparaissent.

Deuxième type de jalousie

Détester qu’un autre soit mieux pourvu que soi et souhaiter la même chose ou plus, c’est une (forme) de jalousie et c’est ce qui est appelé l’envie (Ghibtah).

Le Prophète ﷺ a appelé cela « jalousie » dans le hadith rapporté par Ibn Mas’ûd et Ibn ‘Umar رضي الله عنهما :

« Pas de jalousie si ce n’est dans deux cas: un homme à qui Allah a accordé la sagesse, qui juge par elle et l’enseigne; et un homme à qui Allah a accordé des biens qu’il dépense totalement dans la vérité. »

C’est là la formulation d’Ibn Mass’ûd.

Quant à la formulation d’Ibn ‘Umar :

« Un homme à qui Allah a donné (d’apprendre) le Quran et qui le met en pratique nuit et jour; et un homme à qui Allah a accordé des biens et qui les dépense dans la vérité nuit et jour. »

Ce hadith a aussi été rapporté par Al Boukhâri d’après Abû Hourayrah رضي الله عنه en ces termes:

« Point de jalousie si ce n’est dans deux choses: un homme à qui Allah a donné (d’apprendre) le Quran et qui le récite nuit et jour.

Un autre homme l’entend et s’écrie :

« Ah! Si seulement il m’était donné d’apprendre le Coran comme il l’a été à cet homme, j’agirais alors de la même manière que lui. »

Et un homme à qui Allah a octroyé des biens et qui les dépense dans la vérité.

Un autre homme le voit et s’écrie :

« Ah! Si seulement il m’avait été octroyé la même chose que cet homme, je le dépenserais alors comme il le fait. “

Cette jalousie que le Prophète ﷺ a interdite sauf en deux cas est ce qu’on a appelé l’envie (Ghibtah), qui consiste à aimer pour soi le bien qu’on voit chez les autres et détester être moins bien doté.

Si on demande : pourquoi le Prophète ﷺ l’a-t-il nommée jalousie alors que l’envieux désire simplement qu’Allah lui accorde des bienfaits?

Voici la réponse : la cause de ce désir est que l’envieux, en constatant le bienfait qu’Allah a accordé à autrui, déteste être moins bien doté.

Sans l’existence de cette autre personne, il n’aurait pas désiré ce bienfait.

La cause de la jalousie

Et puisque la cause de ce désir est qu’il déteste être moins bien doté, c’est de la jalousie, car c’est une aversion suivie d’un désir.

Quant à celui qui demande à Allah de lui accorder des bienfaits sans pour autant se soucier de ce que possèdent les gens, ce n’est pas là de la jalousie.

C’est pourquoi la plupart des gens sont éprouvés par cette deuxième forme de jalousie que l’on peut aussi appel concurrence.

La jalousie est une maladie de l’âme très répandue à laquelle n’échappe que très peu de gens, c’est pour cela que l’on dit : aucun corps (Jasad) n’est exempt de jalousie (Hasad).

Cependant, seule une personne blâmable manifeste sa jalousie.

Une personne de noble caractère, quant à elle, la dissimule.

On a demandé à Al-Hasan Al-Basri:

« Le croyant peut-il être jaloux ? »

Il dit :

« Malheur à toi !

As-tu déjà oublié l’histoire des frères de Yousouf ?

La jalousie est un sentiment aveuglant enfoui dans ta poitrine.

Dissimule-le donc en toi et il ne te causera aucun tort tant que tu ne le mets pas en pratique physiquement ou oralement. »

Celui qui ressent en lui de la jalousie pour quelqu’un, qu’il craigne Allah, patiente et déteste cela.

La plupart des gens qui ont en eux (une part) de religion ne portent pas atteinte à celui qu’ils jalousent et ne prêtent pas main le forte à quelqu’un qui serait injuste envers lui.

Mais, dans le même temps, ils ne lui donnent pas son droit, si quelqu’un le blâme, ils ne sont pas d’accord avec cela mais ne rappellent pas ses bons côtés ; de même si quelqu’un le loue ils se taisent.

Il sera demandé des comptes à ces gens-là qui ont délaissé leur devoir ers cette personne et l’ont négligé, sans pour autant lui causer du tort.

C’est pourquoi, en retour, [Allah fera] qu’ils seront lésés dans leurs droits, et certaines personnes seront injustes envers eux sans pouvoir être secourus, de la même façon qu’ils n’ont pas portés secours à la personne jalousée.

Quant à celui qui transgresse par la parole ou l’acte, il doit être châtié, et celui qui craint Allah sans être parmi les injustes, Allah lui fera tirer profit de sa piété.

C’est ce qui est arrivé à Zaynab bint Jahsh رضي الله عنها qui était celle des femmes du Prophète ﷺ rivalisait avec ‘Aishah رضي الله عنها

Or, la jalousie entre les femmes est très répandue, surtout parmi les co-épouses, chacune étant jalouse pour son mari et voulant défendre sa part qui est nécessairement diminuée par le partage.

De même, la jalousie est très répandue parmi ceux qui partagent le pouvoir ou des biens lorsque l’un prend une part qui échappe à l’autre.

Aussi, entre les gens du même rang qui détestent que l’un prenne le dessus sur les autres, comme la jalousie des frères de Youssouf عليه السلام ou des deux fils d’Adam عليه السلام l’un a jalousé l’autre car Allah a accepté la bête sacrifiée de l’un et pas de l’autre.

Il l’a jalousé en raison du surplus de foi et de piété qu’Allah a accordé à son frère – de la même façon que les juifs jalousent les musulmans – et il l’a tué pour cela.

C’est pour cela que l’on dit : les premiers péchés par lesquels on a désobéi à Allah ont trois origines :

– la convoitise,
– l’orgueil,
– la jalousie.

La convoitise d’Adam, l’orgueil d’Iblis et la jalousie de Caïn lorsqu’il a tué Abel.

Le Prophète ﷺ a dit :

« Il est trois choses auxquelles personne ne peut échapper : la jalousie, les conjectures douteuses et la superstition.

Et je vais vous informer de ce qui peut vous en préserver : lorsque tu es jaloux, fais en sorte de ne pas détester l’être jalousé.

Lorsque tu émets des conjectures douteuses, ne leur accorde pas de crédit.

Si quelque superstition te traverse l’esprit, ne lui accorde pas d’importance et fais ce que tu as à faire. »

Rapporté par Ibn Abi-d-Dunia d’après Abû Hurayrah رضي الله عنه (Hadith non authentique, selon Shaykh Al Albani dans Da’if Al Jami’ n° 3993)

Il a aussi dit ﷺ :

« S’est répandue parmi vous la maladie des communautés précédentes : la jalousie et la haine qui rase tout, je ne dis s qu’elle rase les cheveux, mais elle rase la religion. »

(Rapporté par Tirmidhi n° 2510 et Ahmed n° 1412. Authentifié par Shaykh Al Albani dans Sahih Al Jami’ n° 3361 et dans Irwaa Al Ghalil Volume 3 Page 238)

Il a nommé la jalousie « maladie », de la même manière qu’il a nommé l’avarice, lorsqu’il dit :

« Et quelle maladie est plus grave que l’avarice ? »

(parole d’Abû Bakr رضي الله عنه dans Sahih Al Boukhari n° 4383)

Nous savons donc que c’est une maladie, comme il dit :

« Je cherche protection auprès de Toi contre les comportements répugnants, les passions et les maladies. »

(Rapporté par Tirmdihi n° 3591, authentifié par Shaykh Al Albani dans Sahih Al Jami’ n° 1298)

Il a donc lié les maladies aux comportements et aux passions, car le comportement est « ce qui devient une habitude pour l’âme et une disposition naturelle. »

Allah dit :

وَإِنَّكَ لَعَلَى خُلُقٍ عَظِيمٍ

« Tu es certes doté d’un comportement éminent. »

Sourate Al Qalam Verset 4

Ibn ‘Abbâs, Ibn Uyaynah et Ahmed ont expliqué ce verset en disant :

Une religion éminente, et dans une formulation d’Ibn ‘Abbâs : de la religion de l’islam.

De même, Aishah رضي الله عنها a dit:

« Le comportement [du Prophète ﷺ] était le Quran. »

(Rapporté par Ahmed dans son Musnad n° 25302)

Aussi, Al-Hasan Al-Basrí a dit :

« Le comportement (enseigné) dans le Quran est le comportement éminent. »

Quant aux passions, [contrairement au comportement] elles peuvent être passagères.

Pour ce qui est des maladies, c’est ce qui fait souffrir le coeur et le corrompt.

Dans le premier hadith, le Prophète ﷺ a lié la jalousie et la haine, car le jaloux déteste en premier lieu le bienfait qu’Allah a accordé à cet autre, puis cela l’amène à détester la personne elle-même, car la haine d’une Allah accorde.

En effet, si Allah accorde Son bienfait à quelqu’un, et que le jaloux veut que ce bienfait disparaisse, il détestera alors cette personne et souhaitera qu’elle disparaisse, car le bienfait jalousé ne disparaître qu’avec la disparition de celui qui la possède.

La jalousie amène la transgression, comme Allah nous en informe à propos de ceux qui ont divergé avant nous :

وَمَا اخْتَلَفَ الَّذِينَ أُوتُواْ الْكِتَابَ إِلاَّ مِن بَعْدِ مَا جَاءَهُمُ الْعِلْمُ بَغْيًا بَيْنَهُمْ

« Ils ne se sont divisés que par injustice entre eux, après que la science leur soit parvenue. »

Sourate Ali Imran Verset 19

Leur divergence ne vient donc pas d’une absence de science, au contraire ils ont connu la vérité, mais ils ont été injustes les uns envers les autres, comme est injuste le jaloux envers celui qu’il jalouse.

Anas ibn Mâlik رضي الله عنه rapporte que le Prophète ﷺ a dit :

« Ne vous jalousez pas, ne vous détestez pas, ne vous tournez pas le dos, ne rompez pas les liens, et soyez frères, ô serviteurs d’Allah.

Il n’est pas permis au musulman de s’écarter de son frère plus de trois nuits, en se tournant le dos l’un l’autre lorsqu’ils se rencontrent.

Or le meilleur d’entre eux est celui qui salue [son frère] le premier »

(Rapporté par Boukhari n° 6076 et n° 6077)

Et il dit aussi :

« Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main, aucun d’entre vous ne sera un véritable croyant tant qu’il n’aimera pas pour son frère ce qu’il aime pour lui-même. »

(Rapporté par Boukhari n° 13 et par Muslim n° 45)

Allah dit :

وَإِنَّ مِنكُمْ لَمَن لَّيُبَطِّئَنَّ فَإِنْ أَصَابَتْكُم مُّصِيبَةٌ قَالَ قَدْ أَنْعَمَ اللَّهُ عَلَيَّ إِذْ لَمْ أَكُن مَّعَهُمْ شَهِيدًا

وَلَئِنْ أَصَابَكُمْ فَضْلٌ مِّنَ اللَّه لَيَقُولَنَّ كَأَن لَّمْ تَكُن بَيْنَكُمْ وَبَيْنَهُ مَوَدَّةٌ يَا لَيْتَنِي كُنتُ مَعَهُمْ فَأَفُوزَ فَوْزًا عَظِيمًا

فَلْيُقَاتِلْ فِي سَبِيلِ اللَّهِ الَّذِينَ يَشْرُونَ الْحَيَاةَ الدُّنْيَا بِالآخِرَةِ وَمَن يُقَاتِلْ فِي سَبِيلِ اللَّهِ فَيُقْتَلْ أَو يَغْلِبْ فَسَوْفَ نُؤْتِيهِ أَجْرًا عَظِيمًا

« Parmi vous, il y a celui qui tardera [à aller au combat] et qui, si un malheur vous atteint, dira: “Certes, Allah m’a fait une faveur en faisant que je ne sois pas avec eux”; et si une grâce vous atteint de la part d’Allah, il dira, comme s’il n’y avait aucune affection entre vous et lui: “Quel dommage ! Si j’avais été avec eux, j’aurais acquis un gain énorme”. »

Sourate An-Nissa Verset 72/73

Ceux-là n’ont pas aimé pour leurs frères ce qu’ils ont aimé pour eux-mêmes, au contraire si une épreuve atteint (leurs frères), ils sont heureux d’en avoir été préservés, et si un bienfait leur arrive, ils ne s’en réjouissent pas pour eux mais ils auraient voulu en avoir une part.

Ils ne se réjouissent que pour les biens de ce bas monde qui leur arrivent ou pour une épreuve de ce bas monde dont ils sont préservés.

Ceci, car ils n’aiment pas Allah, Son Messager et l’au-delà, et si cela avait été le cas, ils auraient aimé pour leurs frères les bienfaits qu’ils obtiennent pour eux-mêmes et auraient souffert des épreuves qui atteignent frères.

En effet, celui qui ne se réjouit pas du bonheur des croyants et ne souffre pas de ce qui leur cause du tort, n’est pas des leurs.

‘Amir As-Sha’bi rapporte: « J’ai entendu An-Nu’man Bashir dire dans un sermon : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire :

« Les croyants, dans leur affection, miséricorde et sentiments mutuels sont comme un seul corps. Si un membre se plaint d’une douleur, l’ensemble du corps souffre de fièvre et d’insomnie. »

(Rapporté par Muslim n° 2586)

Abû Mûssâ Al-Ash’ari رضي الله عنه rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit :

« Le croyant vis-à-vis du croyant est comme une seule construction, ils se soutiennent l’un l’autre – en entrecroisant ses doigts. »

(Rapporté par Boukhari n° 481)

L’avarice est une maladie, et la cupidité est une maladie, mais la jalousie est pire encore, comme il est rapporté:

« La jalousie mange les bonnes actions comme le feu mange le bois, et l’aumône éteint le péché comme l’eau éteint le feu. »

(Rapporté par Abû Dawûd n° 4903, non authentique selon Shaykh Al Albani dans Da’if Al Jami’ n° 2197 et Silsila Da’ifa n° 1902)

Ceci parce que l’avare se prive lui-même, alors que le jaloux déteste les bienfaits d’Allah sur Ses serviteurs.

L’homme peut être généreux envers celui qui l’aide à atteindre ses objectifs et jaloux envers ses semblables, il peut aussi être avare sans être jaloux, mais la cupidité en est le fondement.

Allah dit:

وَمَن يُوقَ شُحَّ نَفْسِهِ فَأُولَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ

« Et ceux qui se protègent contre leur propre cupidité, sont ceux qui réussissent. »

Sourate Al Hashr Verset 9

Le Prophète ﷺ a dit:

« Prenez garde à la cupidité, car c’est ce qui a perdu ceux d’avant vous, (le diable) leur a ordonné d’être cupides et ils l’ont été, il leur a ordonné d’être injustes et ils l’ont été, il leur a ordonné de rompre les liens de parenté et ils l’ont fait. »

(Rapporté par Al Hakim dans Al Moustadrak n° 1516. Authentifié par Shaykh Al Albani dans Sahih Al Jami’ n° 2678)

Abd Ar-Rahmân ibn ‘Awf multipliait les invocations lorsqu’il tournait autour de la Ka’ba et disait:

«Ô Allah, préserve-moi de ma propre cupidité. »

Un homme lui dit:

« Comme tu prononces souvent cette invocation ! »

Il répondit :

« Si je suis préservé de ma propre cupidité, je serais préservé de l’avarice, de l’injustice et du fait de rompre les liens de parenté.»

Ceci car la jalousie amène l’injustice.

Extrait du livre “Les maladies du coeur
Volume 1 Page 14 à 15 et page 21 à 23 (en arabe)
Page 47 à 49 et page 69 à 75 (en français)

Retranscrit et publié par minhajsalafi.com

فصل وَمن أمراض الْقُلُوب الْحَسَد كَمَا قَالَ بَعضهم فِي حَده إِنَّه أَذَى يلْحق بِسَبَب
الْعلم بِحسن حَال الاغنياء فَلَا يجوز أَن يكون الْفَاضِل حسودا لِأَن الْفَاضِل يجرى على مَا هُوَ الْجَمِيل وَقد قَالَ طَائِفَة من النَّاس إِنَّه تمنى زَوَال النِّعْمَة عَن الْمَحْسُود وَإِن لم يصر للحاسد مثلهَا بِخِلَاف الْغِبْطَة فَإِنَّهُ تمنى مثلهَا من غير حب زَوَالهَا عَن المغبوط وَالتَّحْقِيق أَن الْحَسَد هُوَ البغض وَالْكَرَاهَة لما يرَاهُ من حسن حَال الْمَحْسُود وَهُوَ نَوْعَانِ أَحدهمَا كَرَاهَة للنعمة عَلَيْهِ مُطلقًا فَهَذَا هُوَ الْحَسَد المذموم وَإِذا أبْغض ذَلِك فَإِنَّهُ يتألم ويتأذى بِوُجُود مَا يبغضه فَيكون ذَلِك مَرضا فِي قلبه ويلتذ بِزَوَال النِّعْمَة عَنهُ وَإِن لم يحصل لَهُ نفع بزوالها لَكِن نَفعه بِزَوَال الْأَلَم الَّذِي كَانَ فِي نَفسه وَلَكِن ذَلِك الْأَلَم لم يزل إِلَّا بِمُبَاشَرَة مِنْهُ وَهُوَ رَاحَة وأشده كَالْمَرِيضِ فَإِن تِلْكَ النِّعْمَة قد تعود على الْمَحْسُود وَأعظم مِنْهَا وَقد يحصل نَظِير تِلْكَ النِّعْمَة مَا أنعم بِهِ على النَّوْع وَلِهَذَا قَالَ من قَالَ إِنَّه تمنى زَوَال النِّعْمَة فَإِن من كره النِّعْمَة على غَيره تمنى زَوَالهَا وَالنَّوْع الثَّانِي أَن يكره فضل ذَلِك الشَّخْص عَلَيْهِ فَيجب أَن يكون مثله أَو أفضل مِنْهُ فَهَذَا حسد وَهُوَ الَّذِي سموهُ الْغِبْطَة وَقد سَمَّاهُ النَّبِي (صلى الله عَلَيْهِ وَسلم) حسدا فِي الحَدِيث الْمُتَّفق عَلَيْهِ من حَدِيث ابْن مَسْعُود وَابْن عمر رَضِي الله عَنْهُمَا قَالَ لَا حسد إِلَّا فِي اثْنَتَيْنِ رجل آتَاهُ الله الْحِكْمَة فَهُوَ يقْضِي بهَا وَيعلمهَا وَرجل آتَاهُ الله مَالا وسلطه على هَلَكته فِي الْحق هَذَا لفظ ابْن مَسْعُود وَلَفظ ابْن عمر رجل آتَاهُ الله الْقُرْآن فَهُوَ يقوم بِهِ آنَاء اللَّيْل وَالنَّهَار وَرجل آتَاهُ الله مَالا فَهُوَ ينْفق مِنْهُ

فِي الْحق آنَاء اللَّيْل وَالنَّهَار وَرَوَاهُ البُخَارِيّ من حَدِيث أبي هُرَيْرَة وَلَفظه لَا حسد إِلَّا فِي اثْنَيْنِ رجل آتَاهُ الله الْقُرْآن فَهُوَ يتلوه اللَّيْل وَالنَّهَار فَسَمعهُ رجل فَقَالَ يَا لَيْتَني أُوتيت مثل مَا أُوتِيَ هَذَا فَعمِلت فِيهِ مثل مَا يعْمل هَذَا وَرجل آتَاهُ الله مَالا فَهُوَ يهلكه فِي الْحق فَقَالَ رجل يَا لَيْتَني أُوتيت مثل مَا أُوتِيَ هَذَا فَعمِلت فِيهِ مثل مَا يعْمل هَذَا فَهَذَا الْحَسَد الَّذِي نهى عَنهُ النَّبِي (صلى الله عَلَيْهِ وَسلم) إِلَّا فِي موضِعين هُوَ الَّذِي سَمَّاهُ أُولَئِكَ الْغِبْطَة وَهُوَ أَن يحب مثل حَال الْغَيْر وَيكرهُ أَن يفضل عَلَيْهِ فَإِن قيل إِذا لم سمي حسدا وَإِنَّمَا أحب أَن ينعم الله عَلَيْهِ قيل مبدأ هَذَا الْحبّ هونظره إِلَى إنعامه على الْغَيْر وكراهته أَن يفضل عَلَيْهِ وَلَوْلَا وجود ذَلِك الْغَيْر لم يحب ذَلِك فَلَمَّا كَانَ مبدأ ذَلِك كَرَاهَته أَن يفضل عَلَيْهِ الْغَيْر كَانَ حسدا لِأَنَّهُ كَرَاهَة تتبعها محبَّة وَأما من أحب أَن ينعم الله عَلَيْهِ مَعَ عدم التفاته إِلَى أَحْوَال النَّاس فَهَذَا لَيْسَ عِنْده من الْحَسَد شَيْء وَلِهَذَا يبتلى غَالب النَّاس بِهَذَا الْقسم الثَّانِي وَقد يُسمى المنافسة

الْحَسَد مرض من أمراض النَّفس وَهُوَ مرض غَالب فَلَا يخلص مِنْهُ إِلَّا الْقَلِيل من النَّاس وَلِهَذَا يُقَال مَا خلا جَسَد من حسد لَكِن اللَّئِيم يبديه والكريم يخفيه وَقد قيل لِلْحسنِ الْبَصْرِيّ ايحسد الْمُؤمن فَقَالَ مَا أنساك أخوة يُوسُف لَا أَبَا لَك وَلَكِن عَمه فِي صدرك فَإِنَّهُ لَا يَضرك مَا لم تعد بِهِ يدا وَلِسَانًا فَمن وجد فِي نَفسه حسدا لغيره فَعَلَيهِ أَن يسْتَعْمل مَعَه التَّقْوَى وَالصَّبْر فَيكْرَه ذَلِك من نَفسه وَكثير من النَّاس الَّذين عِنْدهم دين لَا يعتدون على الْمَحْسُود فَلَا يعينون من ظلمه وَلَكنهُمْ أَيْضا لَا يقومُونَ بِمَا يجب من حَقه بل إِذا ذمه أحد لم يوافقوه على ذمه وَلَا يذكرُونَ محامده وَكَذَلِكَ لَو مدحه أحد لسكتوا وَهَؤُلَاء مدينون فِي ترك الْمَأْمُور فِي حَقه مفرطون فِي ذَلِك لَا معتدون عَلَيْهِ وجزاؤهم أَنهم يبخسون حُقُوقهم فَلَا ينصفون أَيْضا فِي مَوَاضِع وَلَا ينْصرُونَ على من ظلمهم كَمَا لم ينصرُوا هَذَا الْمَحْسُود وَأما من اعْتدى بقول أَو فعل فَذَلِك يُعَاقب وَمن اتَّقى الله وصبر فَلم يدْخل فِي الظَّالِمين نَفعه الله بتقواه كَمَا جرى لِزَيْنَب بنت جحش رَضِي الله عَنْهَا فَإِنَّهَا كَانَت هِيَ الَّتِي تسامى عَائِشَة من أَزوَاج النَّبِي (صلى الله عَلَيْهِ وَسلم) وحسد النِّسَاء بَعضهنَّ لبَعض كثير غَالب لَا سِيمَا المتزوجات بِزَوْج وَاحِد فَإِن الْمَرْأَة تغار على زَوجهَا لحظها مِنْهُ فَإِنَّهُ بِسَبَب الْمُشَاركَة يفوت بعض حظها وَهَكَذَا الْحَسَد يَقع كثيرا بَين المتشاركين فِي رئاسة أَو مَال إِذا أَخذ بَعضهم قسطا من ذَلِك وَفَاتَ الآخر وَيكون بَين النظراء لكَرَاهَة

أحدهم أَن يفضل الآخر عَلَيْهِ كحسد إخْوَة يُوسُف وكحسد ابْني آدم أَحدهمَا لِأَخِيهِ فَإِنَّهُ حسده لكَون أَن الله تقبل قربانه وَلم يتَقَبَّل قرْبَان هَذَا فحسده على مَا فَضله الله من الايمان وَالتَّقوى كحسد الْيَهُود للْمُسلمين وَقَتله على ذَلِك وَلِهَذَا قيل أول ذَنْب عصى الله بِهِ ثَلَاثَة الْحِرْص وَالْكبر والحسد فالحرص من آدم وَالْكبر من إِبْلِيس والحسد من قابيل حَيْثُ قتل هابيل وَفِي الحَدِيث ثَلَاث لَا ينجو مِنْهُنَّ أحد الْحَسَد وَالظَّن والطيرة وَسَأُحَدِّثُكُمْ بِمَا يخرج من ذَلِك إِذا حسدت فَلَا تبغض وَإِذا ظَنَنْت فَلَا تحقق وَإِذا تطيرت فَامْضِ رَوَاهُ ابْن أبي الدُّنْيَا من حَدِيث أبي هُرَيْرَة وَفِي السّنَن عَن النَّبِي (صلى الله عَلَيْهِ وَسلم) دب إِلَيْكُم دَاء الْأُمَم قبلكُمْ الْحَسَد والبغضاء وَهِي الحالقة لَا أَقُول تحلق الشّعْر وَلَكِن تحلق الدّين فَسَماهُ دَاء كَمَا سمى الْبُخْل دَاء فِي قَوْله وَأي دَاء أدوأ من الْبُخْل فَعلم أَن هَذَا مرض وَقد جَاءَ فِي حَدِيث آخر أعوذ بك من مُنكرَات الخلاق والأهواء والأدواء فعطف الأدواء على الاخلاق والأهواء فَإِن الْخلق مَا صَار عَادَة للنَّفس وسجية قَالَ تَعَالَى الْقَلَم وَإنَّك لعلى خلق عَظِيم قَالَ ابْن عَبَّاس وَابْن عُيَيْنَة وَأحمد ابْن حَنْبَل رَضِي الله عَنْهُم على دين عَظِيم وَفِي لفظ عَن ابْن عَبَّاس على دين الْإِسْلَام وَكَذَلِكَ قَالَت عَائِشَة رَضِي الله عَنْهَا كَانَ خلقه الْقُرْآن وَكَذَلِكَ قَالَ الْحسن الْبَصْرِيّ ادب الْقُرْآن هُوَ الْخلق الْعَظِيم وَأما الْهوى فقد يكون عارضا والداء هُوَ الْمَرَض وَهُوَ تألم الْقلب وَالْفساد فِيهِ وَقرن فِي الحَدِيث الأول الْحَسَد بالبغضاء لِأَن الْحَاسِد يكره أَولا فضل الله على ذَلِك الْغَيْر ثمَّ ينْتَقل إِلَى بغضه فَإِن بغض اللَّازِم يَقْتَضِي بغض الْمَلْزُوم فَإِن نعْمَة الله إِذا كَانَت لَازِمَة وَهُوَ يحب زَوَالهَا وَهِي لَا تَزُول إِلَّا بزواله أبغضه واحب عَدمه والحسد يُوجب الْبَغي كَمَا أخبر الله تَعَالَى عَمَّن قبلنَا آل عمرَان أَنهم اخْتلفُوا من بعد مَا جَاءَهُم الْعلم بغيا بَينهم فَلم يكن اخْتلَافهمْ لعدم الْعلم بل علمُوا الْحق وَلَكِن بغى بَعضهم على بعض كَمَا يَبْغِي االحاسد على الْمَحْسُود وَفِي الصَّحِيحَيْنِ عَن أنس ابْن مَالك رَضِي الله عَنهُ أَن النَّبِي (صلى الله عَلَيْهِ وَسلم) قَالَ لَا تَحَاسَدُوا وَلَا تباغضوا وَلَا تدابروا وَلَا تقاطعوا وَكُونُوا عباد الله إخْوَانًا وَلَا يحل لمُسلم أَن يهجر اخاه فَوق ثَلَاث لَيَال يَلْتَقِيَانِ فيصد هَذَا ويصد هَذَا وخيرهما الَّذِي يبْدَأ بِالسَّلَامِ وَقد قَالَ (صلى الله عَلَيْهِ وَسلم) فِي الحَدِيث الْمُتَّفق على صِحَّته من رِوَايَة أنس أَيْضا وَالَّذِي نفسى بِيَدِهِ لَا يُؤمن أحدكُم حَتَّى يحب لِأَخِيهِ مَا يحب لنَفسِهِ وَقد قَالَ تَعَالَى

النِّسَاء وَإِن مِنْكُم لمن ليبطئن فَإِن أَصَابَتْكُم مُصِيبَة قَالَ قد أنعم الله على إِذْ لم أكن مَعَهم شَهِيدا وَلَئِن أَصَابَكُم فضل من الله ليَقُولن كَأَن لم يكن بَيْنكُم وَبَينه مَوَدَّة يَا لَيْتَني كنت مَعَهم فأفوز فوزا عَظِيما فَهَؤُلَاءِ المبطئون لم يُحِبُّوا لإخوانهم الْمُؤمنِينَ مَا يحبونَ لأَنْفُسِهِمْ بل إِن أَصَابَتْهُم مُصِيبَة فرحوا باختصاصهم وَإِن أَصَابَتْهُم نعْمَة لم يفرحوا لَهُم بهَا بل أَحبُّوا أَن يكون لَهُم مِنْهَا حَظّ فهم لَا يفرحون إِلَّا بدنيا تحصل لَهُم أَو شَرّ دُنْيَوِيّ ينْصَرف عَنْهُم إِذْ كَانُوا لَا يحبونَ الله وَرَسُوله وَالدَّار الْآخِرَة وَلَو كَانُوا كَذَلِك لأحبوا إخْوَانهمْ وأحبوا مَا وصل إِلَيْهِم من فَضله وتألموا بِمَا يصيبهم من الْمُصِيبَة وَمن لم يسره مَا يسر الْمُؤمنِينَ ويسوؤه مَا يسوء الْمُؤمنِينَ فَلَيْسَ مِنْهُم فَفِي الصَّحِيحَيْنِ عَن عَامر الشّعبِيّ قَالَ سَمِعت النُّعْمَان بن بشير يخْطب وَيَقُول سَمِعت رَسُول الله (صلى الله عَلَيْهِ وَسلم) يَقُول مثل الْمُؤمنِينَ فِي توادهم وتراحمهم وتعاطفهم مثل الْجَسَد الْوَاحِد إِذا اشْتَكَى مِنْهُ شَيْء تداعى لَهُ سَائِر الْجَسَد بالحمى والسهر وَفِي الصَّحِيحَيْنِ عَن أبي مُوسَى الْأَشْعَرِيّ رَضِي الله عَنهُ قَالَ قَالَ رَسُول الله (صلى الله عَلَيْهِ وَسلم) الْمُؤمن لِلْمُؤمنِ كالبنيان يشد بعضه بَعْضًا وَشَبك بَين أَصَابِعه وَالشح مرض وَالْبخل مرض والحسد شَرّ من الْبُخْل كَمَا فِي الحَدِيث الَّذِي رَوَاهُ أَبُو دَاوُد عَن النَّبِي (صلى الله عَلَيْهِ وَسلم) انه قَالَ الْحَسَد يَأْكُل الْحَسَنَات كَمَا تَأْكُل النَّار الْحَطب وَالصَّدَََقَة تُطْفِئ الْخَطِيئَة كَمَا تُطْفِئ المَاء النَّار وَذَلِكَ أَن الْبَخِيل يمْنَع نَفسه والحسود يكره نعْمَة الله على عباده وَقد يكون فِي الرجل إِعْطَاء لمن يُعينهُ على أغراضه وحسد لنظرائه وَقد يكون فِيهِ بخل بِلَا حسد لغيره وَالشح أصل ذَلِك قَالَ تَعَالَى الْحَشْر والتغابن وَمن يُوقَ شح نَفسه فَأُولَئِك هم المفلحون وَفِي الصَّحِيحَيْنِ عَن النَّبِي (صلى الله عَلَيْهِ وَسلم) انه قَالَ إيَّاكُمْ وَالشح فَإِنَّهُ أهلك من كَانَ قبلكُمْ أَمرهم بالبخل فبخلوا وَأمرهمْ بالظلم فظلموا وَأمرهمْ بالقطيعة فَقطعُوا وَكَانَ عبد الرَّحْمَن بن عَوْف يكثر من الدُّعَاء فِي طَوَافه يَقُول اللَّهُمَّ قني شح نَفسِي فَقَالَ لَهُ رجل مَا أَكثر مَا تَدْعُو بِهَذَا فَقَالَ إِذا وقيت شح نَفسِي وقيت الشُّح وَالظُّلم والقطيعة والحسد يُوجب الظُّلم
23-21/1 أمراض القلب وشفاؤها

Shaykh Al Islam Ibn Taymiyyah - شيخ الإسلام بن تيمية

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